Un enfant à tout prix
Catégorie : Témoignages
Publié par Mirtylle le 27/11/2006

Témoignage de Myrtille
Un enfant à tout prix !

 

 

Nous sommes au début de l’année 1999, j’ai 24 ans et cela fait 4 ans que je suis avec mon ami.

Il est plus âgé de 15 ans, et a trois enfants d’un premier mariage.

Je commence moi aussi à avoir envie d’être maman, mais lui n’est pas vraiment chaud.

 

Nous en parlons souvent mais il ne se décide pas. Et voilà qu’un jour ou plutôt une nuit il me demande cet enfant que je désire tant. Evidemment je dis oui tout de suite. Le lendemain matin, tellement prise d’un doute je lui demande s’il se souvient de ce qu’il m’a dit pendant la nuit. Et lui, tranquillement, me répond que oui... il veut un bébé.

Et voilà la plus grande décision de ma vie est prise, je vais avoir un enfant.

Je ne savais pas du tout ce qui m’attendait.

Un an plus tard toujours pas de bébé en vue, par contre des douleurs abdominales me plient en deux régulièrement. Le médecin me dit que c'est dû à l’angoisse parce que je n’arrive pas à être enceinte, il me donne des anti-inflammatoires et ça apaise les douleurs.

Etant donné mes difficultés à être enceinte il m’envoie voir une spécialiste de la fertilité.

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Témoignage de Myrtille
Un enfant à tout prix !

 

 

Nous sommes au début de l’année 1999, j’ai 24 ans et cela fait 4 ans que je suis avec mon ami.

Il est plus âgé de 15 ans, et a trois enfants d’un premier mariage.

Je commence moi aussi à avoir envie d’être maman, mais lui n’est pas vraiment chaud.

 

Nous en parlons souvent mais il ne se décide pas. Et voilà qu’un jour ou plutôt une nuit il me demande cet enfant que je désire tant. Evidemment je dis oui tout de suite. Le lendemain matin, tellement prise d’un doute je lui demande s’il se souvient de ce qu’il m’a dit pendant la nuit. Et lui, tranquillement, me répond que oui... il veut un bébé.

Et voilà la plus grande décision de ma vie est prise, je vais avoir un enfant.

Je ne savais pas du tout ce qui m’attendait.

Un an plus tard toujours pas de bébé en vue, par contre des douleurs abdominales me plient en deux régulièrement. Le médecin me dit que c'est dû à l’angoisse parce que je n’arrive pas à être enceinte, il me donne des anti-inflammatoires et ça apaise les douleurs.

Etant donné mes difficultés à être enceinte il m’envoie voir une spécialiste de la fertilité.

Nous y allons avec mon ami. Toute une batterie d’examens s’ensuit, la spécialiste ne comprend pas vraiment mais remarque tout de même un décalage dans mes ovulations qui pourrait expliquer ce problème de non grossesse. Au passage mon ami fait lui aussi un examen, pas de souci de son côté.

Moi, j’ai toujours hyper mal au ventre mais tout le monde s’accorde pour dire que c’est dû à l’angoisse, voire peut-être à des grossesses nerveuses. On me prescrit toujours des anti-inflammatoires (non néfaste en cas de grossesse).

La spécialiste me donne un traitement pour favoriser les ovulations, mais bien sûr il faut être extrêmement suivie me dit-elle.

A nouveau des examens et des prises de sang régulières. Mais toujours pas de bébé en vue.

En revanche toujours ces immondes crampes qui me réveillent la nuit et m’empêchent de vivre le jour, cette fois on me dit que c’est le traitement pour favoriser l’ovulation qui provoque ces douleurs. Je veux tellement ce bébé que je finis par subir les assauts de mon ventre sans plus en parler à personne.

Désespérée je revois la spécialiste début Mai 2001, qui m’annonce que nous allons laisser les vacances d’été passer et que nous essayerons l’insémination artificielle à la rentrée. Elle me dit qu’elle va me prescrire quand même des piqûres à faire au moment de l’ovulation en plus du traitement. Elle m’ausculte, revient sur l’explication des piqûres et insiste sur le fait que je dois continuer le traitement et faire les piqûres uniquement si je ne suis pas enceinte (évidemment, elle me prend pour une andouille ou quoi ? me dis-je).

En sortant de son cabinet je me mets à hurler, mon ami ne sait plus comment me rassurer.

"Pourquoi moi ? Pourquoi avoir si mal au ventre quand même, alors que ce ventre est un cimetière ?"

Une semaine après « retard », ce n’était pas la première fois et j’avais déjà beaucoup pleuré après de faux retards, des tests de grossesses négatifs, mais là j’y crois, les paroles de la spécialiste me reviennent « surtout pas de traitement si vous êtes enceinte ».

Je décide d’acheter un test, très impatiente je n’attends pas le lendemain pour le faire.

Nous étions tous les deux scotchés : point rose ou pas ? Moi je vois un léger point rose, lui ne voit rien. J’appelle immédiatement mon médecin pour qu’il me prescrive le prise de sang que je fais dès le lendemain matin.

La journée me parait une éternité, je ne tiens pas en place à mon boulot. Arrive 17h00 enfin, je fonce chercher les résultats. Ca y est, j’ai l’enveloppe dans les mains, je n’ose pas l’ouvrir et si jamais….

Je suis dans ma voiture devant le labo, j’ouvre : test précédent : négatif ; test de ce jour (mardi 14 mai 2001) : positif.

Je crie, je rie, je pleure toute seule dans ma voiture. Les passants me prennent pour une folle, tant pis, je suis la plus heureuse du monde à ce moment là. J’ai toujours mal au ventre mais je suis ENCEINTE.

Je rentre à la maison et dès que mon ami arrive je lui dis que je l’invite au resto tant pis si je ne garde pas le repas, il faut fêter ça.

Je suis heureuse et je compte bien savourer chaque moment de cette grossesse…

 

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La grossesse.

    Je suis enceinte, je suis enceinte, ces paroles résonnent dans ma tête. 

    Evidemment pas possible de le cacher bien longtemps, j’avais la tête des mauvais jours souvent et là je me promène en permanence avec un sourire béat. Mes copines sont ravies pour moi, et me rassurent quant à mes maux de ventre en me disant que c’est souvent le cas le premier trimestre.
    La spécialiste que je vois une dernière fois, car elle ne suit pas la grossesse, me le confirme et rajoute gentiment prenez soin de vous et de votre petit miracle car elle n’y croyait plus sans insémination.
    Ma gynécologue m’affirme aussi que les douleurs sont dues à ma grossesse, elle me donne des anti-douleurs compatibles avec mon état et m’envoie faire ma première échographie soit, la 12ème semaine.

    Le jour de l’échographie arrive, je vais voir mon bébé. Nous arrivons un peu en avance, il faut dire que je ne voulais pas être en retard alors j’ai activé mon ami.
    L’échographe m’installe et commence l’examen. Un tout petit haricot apparaît, il n’y en a qu’un, nous dit il, ça tombe bien !  Dans tout ça nous n’avions pas envisagé d’en avoir deux, alors qu’avec le traitement cela augmente les possibilités de gémellité. Il nous fait écouter son petit cœur qui bat très très vite, mais c’est normal.


    En revanche, il nous annonce aussi que je suis à la 10ème semaine et non à la 12ème, il faudra revenir dans 2 semaines. Bizarre, je compte et recompte mais non... je suis normalement à la 12ème semaine.

    Les deux semaines passent, je me pose des questions quant à ces 2 semaines de décalage, j’ai toujours mal au ventre.

    Nous retournons faire l’échographie, tout est normal, tout va bien. Je parle quand même de mes douleurs abdominales, il regarde mais me dit à son tour que ça arrive le premier trimestre
    Nous repartons rassurés et heureux.

    Les vacances d’été arrivent. Nous décidons de partir dans ma famille à Avignon après l’accord de l’obstétricien qui me demande de faire le voyage en deux fois quand même étant donné ma fatigue et ces fameuses douleurs.
    Mon Papa est très heureux de me voir. Mon ventre s’est déjà arrondi et les souffrances se calment un peu, chouette c’était bien vrai, je suis alors dans mon 4ème mois de grossesse.

    Nous rentrons à la maison, je reprend le travail et là... catastrophe.
    Je perds du sang en allant aux toilettes un matin. Ni une, ni deux, nous fonçons à la maternité.

    Tout au long de la route je parle à mon bébé, je lui dis de s’accrocher, je dis que ce n’est pas possible.
Il faut dire qu’avec le traitement ovulatoire il y a 30% de risque de fausse couche supplémentaire.

Mais la gynéco que j’ai vu la semaine dernière m’a dit que ce risque était écarté maintenant que j’étais à la fin de mon 4ème mois.
C’est pas possible, c’est pas possible. J’ai peur, je suis tétanisée la main sur mon ventre et continue à lui parler sans cesse.

    Nous arrivons à la clinique et je suis prise en charge tout de suite. Examen gynécologique normal mais on va faire une écho quand même. Il faut attendre car il est à peine 7h00 et l’échographe ne sera là que vers 8h30. On m’installe et là nous attendons un temps qui nous paraît infini. L’heure de l’échographie arrive. Le médecin nous rassure, nous montre mon bébé qui pédale à toute vitesse dans mon ventre. L’échographe nous annonce qu’il voit le sexe de l’enfant. Nous nous interrogeons du regard avec mon ami, oui on veut savoir.
    C’est une fille.

Moi qui voulais tellement un garçon. Mais aucune déception à l’horizon, j’étais ravie et même très heureuse.  En fait je crois que même s’il m’avait annoncé que c’était un gremlins je m’en moquais l’important était que le bébé soit vivant et en bonne santé …

Donc tout va bien, l’obstétricien m’a expliqué que la petite avait du donner un coup de pied dans l’utérus. Et forcément l’utérus est bondé de sang pendant la grossesse. Ce n’est donc pas plus grave que si je m’étais coupé le doigt, ça va se refermer tout seul.
    Résultat : juste une grosse frayeur et 2 semaines de repos.

    Le mois qui suit se déroule bien, mais les douleurs abdominales reviennent en force. Parfois je me demande si je n’ai pas des contractions, ne sachant pas ce que c’est je préfère consulter. Ma gynéco m’affirme que tout se déroule normalement et me dit qu’avec l’écho qui a lieu au cours du 5ème mois, c'est-à-dire très bientôt, on en saura davantage.

    L’écho arrive, moment merveilleux, on voit son nez, ses yeux, ses petits bras et jambes. Tient, elle pédale encore, certainement une future cycliste ! Ce sont ces mouvements que je sens régulièrement.

Nous sommes tous les deux très contents, mais à la fin de l’examen le médecin nous parle d’un retard de croissance d’où une plus grande surveillance. Je demande si ce n’est pas dû à mon problème de ventre. Mais non, vous avez mal au ventre car votre bébé est en transverse (c'est-à-dire dans la largeur du ventre au lieu de la hauteur) me répond-il.

    Que dois-je faire ? Que puis-je faire ?

Manger davantage si vous pouvez car vous avez pris que très peu de poids.

Pourtant je mange, j’ai l’impression de manger deux fois plus que d’habitude, mais j’ai mal, je souffre mais n’ose pas en parler à mon entourage. J’ai tellement voulu ce petit être qui grandit en moi, je ne vais tout de même pas me plaindre maintenant.

    Six semaines plus tard nous faisons à nouveau une écho de contrôle qui confirme qu’il y a toujours ce petit retard de croissance mais que tout va bien quand même. Je suis moins inquiète parce que je la sens bouger, voire sauter de plus en plus ; et de plus en plus souvent. Et oui elle joue à la grenouille sur ma vessie. Ce qui me vaut d’aller faire pipi toutes les heures.
    C’est d’ailleurs devenu un sujet de plaisanterie au boulot, mes collègues me demandent si je ne transforme pas les toilettes en salon de lecture. Ce à quoi je leur réponds que le confort de l’endroit n’est pas propice à ma lecture de prédilection.

    Je suis enfin en congé maternité, noël est dans une semaine. Nous passons de très bonne fête de fin d’année malgré ma fatigue et toujours mes entrailles qui se déchirent.
    Mais je vais enfin avoir un peu de temps pour m’occuper de moi et de l’arrivée de la petite fleur qui pousse dans mon ventre.
Arranger sa chambre, finir de préparer ses petites affaires, fabriquer les faire-part et bien sûr me reposer.

    Samedi 6 Janvier, mon beau frère, ma belle sœur et leurs deux filles sont venus dîner à la maison. Avec nous deux et les trois enfants cela nous fait 9 à table, mais je suis en pleine forme et ravie d’avoir la future marraine de ma fille à dîner. Nous passons une excellente soirée, nous parlons de la venue du bébé…

    Quand juste après le dessert, je sens quelque chose couler le long de mes jambes ; et oui… je perds les eaux.

    C’est un mois trop tôt, mais nous laissons tout le monde en plan et nous filons à la maternité.
Je vais enfin voir ma grenouille, mon petit miracle…

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Naissance miraculeuse

Nous sommes le 6 Janvier 2002. Nous arrivons à la clinique vers 23h30.

La sage femme examine mon dossier, puis moi et me rassure en me disant que le col est fermé. Je n'ai pas perdu la totalité du liquide amniotique, c'est une fissure.

Je lui demande donc si je peux renter chez moi, elle me répond avec un joli sourire qu’il n’en est pas question puisque j’ai perdu du liquide amniotique, il faut que je reste sous surveillance.

Je dois donc rester, on m’installe dans une chambre en pré-natal et on me conseille de dormir. Dormir ? Mais comment voulez-vous dormir ? Normalement on perd les eaux au bout de 9 mois pas 8 et quand on arrive à la maternité en pleine nuit c’est pour accouché, pas pour dormir !!!

Je suis perdue, j’ai peur pour ce petit être que je n’ai jamais vu mais que j’aime déjà.

Le matin se lève, je n’ai quasiment pas fermé l’œil de la nuit. Mon ami est revenu, il a fait l’aller retour pour s’assurer que les enfants qui sont déjà grands (19, 16 et 11 ans) vont bien. Un médecin arrive accompagné d’une infirmière, il m’ausculte et confirme que le col est fermé. Il m’explique qu’ils vont surveiller les battements du cœur du bébé et analyser régulièrement le liquide amiotique pour s’assurer que tout va bien. Tant que tout est normal, ils vont me garder comme ça, afin de permettre au bébé de continuer au maximum sa croissance in utero.

D’accord si c’est mieux pour le bébé. Régulièrement on me fait des prélèvements de liquide et on branche le monitoring qui permet d’entendre et d’enregistrer les battements du cœur de ma fille.

Au bout de 2 jours, le médecin décide de me mettre en perfusion un produit qui va favoriser le ramollissement du col, au cas où il faudrait déclencher l’accouchement. Pas de chance je réagis mal à la perf, mes veines gonflent et malgré les pansements d’alcool je souffre et les veines éclatent. Stop, on arrête la perf. On me dit que malgré tout l’accouchement peut être pour cette nuit… Mais rien.

Le lendemain matin, l’infirmière fait son prélèvement de liquide, revient au bout de 5 minutes et me conseille d’appeler mon ami car ils vont déclencher l’accouchement

A nouveau une perfusion mais dans l’autre bras. Une heure plus tard, mon ami est là et nous partons tous les deux pour la salle de naissance.

Tout se passe bien, l’accouchement se déroule normalement. On m’installe de quoi injecter la péridurale pour être prêt lorsque je la réclamerai, mais pour le moment j’arrive à gérer les contractions. Puis vient l’instant où je dis à la sage femme que je sens la tête de mon bébé et là tout bascule…

L’obstétricien vient me voir et m’annonce que le col de l’utérus n’est pas assez ouvert pour accoucher maintenant. Il y a deux options ou le bébé arrête de pousser et on attend que le col soit plus ouvert, ou le bébé pousse toujours et vu sa taille et son poids il n’est pas sûr que son petit cœur tienne. Je le regarde désemparée, il me conseille la césarienne.

OK biensur on y va, lui dis-je au milieu de mes larmes.

A ce moment là tout s’enchaîne. Injection de la péridurale, conduite au bloc, installation du matériel… tout va très vite.
Malgré tout mon ami est là. Je ne sens plus mes jambes ça y est il m’opère.

Nous sommes le 9 janvier 2002,
il est 14h09 ma fille est née.
Elle pèse 1,9 Kg.

La pédiatre me demande comment elle s’appelle. J’ai alors le réflexe de demander à mon ami s’il est toujours d’accord pour le mariage l’année qui suit. Il me répond oui, je donne donc son prénom et le nom de famille de mon ami à la pédiatre.

Après un léger bisou de sa maman ma fille part avec son papa dans le service néo natal unité Kangourou. Quand à moi, je ne me sens pas bien, tout tourne, je n’arrive plus à respirer…...

Je me réveille avec un masque à oxygène sur le nez dans une pièce que je ne connais pas.

Je veux enlever ce masque mais une infirmière retient ma main et me dit que tout va bien.

Le médecin vient me voir et m’apprend que j’ai fait un choc opératoire et qu’ils ont dû me réanimer avec un défibrillateur.
En fait lorsque l'obstétricien a enlevé ma fille de mon ventre, cela a engendré un phénomène d'aspiration. La péridurale est remontée, au lieu d'endormir que le bas de mon corps, elle à endormi le tout, c'est à dire tous les muscles,des muscles des membres en passant par les muscles respiratoires jusqu'au muscle cardiaque.

Autrement dit je suis morte et ils m’ont sauvé la vie.

Rassurez vous cela n’arrive quasiment jamais d’ailleurs j’étais leur premier cas. 19h00 on me conduit dans ma chambre et je vois ma fille réellement pour la première fois.

Le bonheur d’une vie à trois va pouvoir commencer.

A la clinique tout se passe bien, ma fille est tout d'abord nourrie grâce à une sonde mais avec mon lait (cela s'appelle le gavage mais je déteste ce mot, c'est une petite fille, pas une oie). Elle est trop petite et n'a pas assez de force pour prendre le sein. Je décide donc de la nourrir avec le biberon au bout de 9 jours. Et oui un autre avantage de l'unité Kangourou, tant que le bébé reste à la clinique, la maman reste aussi. Du coup pas le traumatisme de rentrer chez soi seule en laissant son enfant à l'hôpital.

La mise au biberon se passe très bien, elle continue à prendre du poids, au pas énorme mais 30g par 30g on y arrive. D'ailleurs la première fois que la sage femme a annoncé qu'elle avait pris 30g d'un coup, je dansais presque dans la salle de bain (des bébés). Au bout de 11 jours, ma fille passe enfin au berceau, ça y est on dit adieu à cette grosse boite. 3 Jours plus tard, la pédiatre nous annonce que nous allons pouvoir rentrer chez nous.
J’ai très mal au ventre mais c'est normal avec la césarienne.

De retour à la maison, bonheur total, ma fille prend du poids correctement et évolue parfaitement bien.
Moi en revanche, je perds du poids, normal après une grossesse vous allez dire, sauf que là je suis plus maigre qu’avant d’être enceinte. Et mes entrailles me font souffrir atrocement. Les médecins me disent que c’est la césarienne mais je ne crois pas.
C’est mon médecin traitant qui finit par me dire que lui non plus n’y croit pas. La césarienne date d’il y a trois mois, il m’envoie faire une échographie en urgence.

Une heure après je suis de retour avec l’échographie, il m’envoie à l’hôpital, mon intestin est dans un tel état qu'au vu de l'échographie, le diagnostique tombe immédiatement Maladie de Crohn. Suit une célioscopie pour vérification de l’état de mon intestin, on m’enlève la vésicule biliaire au passage (des calculs ils ont dit).
L’intervention confirme que j’ai la maladie de Crohn

Je suis mise sous corticoïdes et Pentasa, on me laisse rentrer chez moi au bout d’une semaine.

Je suis perdue, qu’est ce qui se passe ? Qu’est ce que j’ai ?

Après avoir revu le gastro et quelques jours de réflexion, je comprends un peu mieux la situation mais je ne suis pas certaine de bien la réaliser.

En revanche, tout s’explique enfin, la difficulté d’être enceinte, les douleurs, la fatigue, les soucis rencontrés au cours de ma grossesse, les 2 semaines de décalage et bien entendu, la prématurité et le poids de ma fille à la naissance.

Je vous rassure, aujourd’hui si je souhaite un autre bébé, tout se passera différemment de la conception jusqu’à l’accouchement car on sait que je suis malade.

Lors de ma grossesse on ignorait ce paramètre, il n’a donc jamais été pris en compte et surtout je n'avais jamais été soignée.

Sachez qu’avoir un enfant tout en étant malade c’est possible
avec une bonne surveillance

Puisque moi je l’ai eu tout en étant crohnienne et ne le sachant pas.

Je tiens à vous dire que je n'avais jamais raconté mon histoire d'un bout à l'autre et encore moins avec ces détails.

Je veux aussi insister pour toutes les futures mamans (et futurs papas) sur le fait que c'est un cas rarissime, je n'avais jamais entendu parler d'une telle aventure et depuis je n'en ai toujours pas entendu parler.

Aujourd’hui ma petite grenouille a 4 ans, bientôt 5, elle est pétillante de vie et ressemble à tous les autres enfants de son âge avec ses bons moments et aussi ses bêtises.

Je profite chaque jour de mon petit miracle
comme si je n’avais jamais dû vivre ces moments.


Il faut vivre les instants présents.
Après tout c’est une bonne philosophie !!!!

 

Carpe diem !!!

Mirtylle